Agir plus tôt, avec humanité

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Agir plus tôt, avec humanité

La loi P-38 est une loi québécoise mise en place en 1998 qui permet, dans des cas très spécifiques, d’hospitaliser une personne sans son consentement lorsqu’elle représente un danger grave et immédiat pour elle-même ou pour autrui. Cette disposition vise à protéger la personne en crise et les gens autour d’elle quand la situation est devenue critique. 

Pour plusieurs proches aidants, cette loi est souvent associée à des moments extrêmement difficiles : appels à l’aide, inquiétudes constantes, impression d’être seuls à porter une situation qui s’aggrave, et surtout, le sentiment que l’on doit attendre que « ça aille vraiment mal » avant que le système puisse intervenir.

Depuis plusieurs années, familles, proches aidants et professionnels constatent que cette loi est souvent trop restrictive, car elle autorise une intervention que lorsqu’un danger imminent est déjà présent, c’est-à-dire quand la crise est déjà très avancée. Cela signifie que pendant longtemps, des personnes en souffrance profonde mais ne répondant pas à ce critère strict retournent chez elles sans soins adaptés, laissant les proches dans l’angoisse et parfois face à des situations très difficiles à gérer.

C’est dans ce contexte que le gouvernement du Québec a déposé le Projet de loi 23, qui propose une réforme importante de la Loi P-38. L’objectif est de moderniser l’approche en santé mentale en remplaçant la notion de « danger grave et immédiat » par celle de « risque pour la santé ou la sécurité ». Cela peut sembler technique, mais pour les proches, cela change beaucoup de choses : cela signifie qu’il pourrait être possible d’intervenir plus tôt, avant que la situation ne dégénère en crise majeure.

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