Maladie mentale: Un sujet à proscrire ou à discuter avec les enfants ?

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Texte du Journal Le Sillon 2019 ( Pour avoir accès à l’intégralité de notre journal, vous devez Devenir membre de Le Sillon )

Maladie mentale: Un sujet à proscrire ou à discuter avec les enfants ?

Maladie mentale: Un sujet à proscrire ou à discuter avec les enfants ?

Lorsqu’un enfant a un parent atteint d’une maladie mentale, nous avons tendance à ne pas vouloir lui parler de la maladie. Nous croyons qu’il n’est pas en âge de comprendre, qu’il pourrait être plus anxiogène pour lui de savoir de quoi est atteint le parent que de rester dans l’ignorance.

Nous supposons aussi sans doute qu’en gardant le sujet tabou, nous lui épargnerons tous les questionnements et l’angoisse que nous pouvons nous-mêmes vivre comme adulte à l’égard de la maladie.

Cependant, il faut considérer que dès un très jeune âge, l’enfant est capable de constater que ce qui se passe à la maison est différent de chez ses copains. Lorsqu’il s’aperçoit de cette marginalité, il est enclin à se poser beaucoup de questions. Le laisser sans réponse peut laisser place à toutes sortes d’interprétations.

Pourquoi parler de maladie mentale avec son enfant?

L’enfant peut croire qu’il est la source des différentes émotions vécues par le parent. Ainsi, il se culpabilisera et tentera par différents moyens de ramener l’équilibre émotionnel du parent, et ce, sans résultat. Il va sans dire que dans ces moments, l’enfant se responsabilise au-delà de ses capacités.

Comment parler de maladie mentale avec un enfant ?

Mettez-vous dans la peau d’un enfant qui fait partie d’un spectacle de théâtre. Vous êtes nerveux, mais avez hâte de montrer vos talents à vos parents. Vous espérez que vos parents seront fiers de vous. Le jour de la représentation, sans aucune explication, votre mère ne se présente pas à votre spectacle dans lequel vous avez mis toute votre énergie depuis des semaines. Comment vous sentez-vous? Comme enfant, surtout si ce n’est pas la première fois, vous vous direz que vous n’êtes pas suffisamment important pour elle. Parfois, les personnes atteintes ne sont pas enclin à donner de la tendresse, de l’amour, de l’attention ou simplement assurer une présence à leur enfant en période aiguë. L’enfant peut alors associer ces comportements au fait qu’on ne l’aime pas.

Beaucoup de questions = beaucoup d’anxiété

Prenons l’exemple d’une personne diabétique. Lorsque l’enfant voit une crise d’hypoglycémie, c’est une situation extrêmement stressante pour lui. Il ne sait pas trop pourquoi papa réagit ainsi, il semble « déconnecté » de sa réalité. Papa est devenu agressif et agité. De plus, papa quitte la maison en ambulance. C’est déroutant comme expérience. Si l’enfant ne connaît pas la maladie du parent, un des facteurs qui augmentera sont anxiété sera toutes les questions qui surviennent à son esprit et qui demeureront sans réponse. Ex. : « Va-t-il mourir? Va-t-il revenir? Vais-je attraper ce mal moi aussi? Est-ce qu’il sera toujours comme ça? Qu’est-ce que j’aurais pu faire? Est-ce de ma faute? Etc. »

Éviter que l’enfant trouve ses propres réponses

Évidemment, parler de la maladie du parent avec l’enfant ne règle pas tout. Cependant, nous pouvons ainsi réduire les impacts négatifs liés à la méconnaissance de la maladie. Si nous reprenons le contexte de l’histoire mentionné plus haut, expliquer que l’hypoglycémie est due à un mauvais fonctionnement du pancréas et que c’est ce qui a mené à cette crise permettra à votre enfant d’éliminer plusieurs de ses questionnements. Prendre le temps de répondre aux questions de l’enfant le sécurise. Il faut éviter que l’enfant trouve ses propres réponses, elles pourraient être biaisées comme dans le premier exemple (lorsqu’il a l’impression que c’est de sa faute si son parent est triste).

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