Les montagnes russes des troubles de santé mentale : un défi aussi pour les proches aidants

Accompagner une personne vivant avec un trouble de santé mentale peut ressembler à un parcours de montagnes russes. Les périodes de bien-être apportent un souffle d’espoir, mais elles peuvent être suivies de chutes abruptes, où l’incertitude et le stress s’installent. Pour les membres de l’entourage, ces fluctuations constantes représentent un défi émotionnel et psychologique important.
La maladie mentale, ou le trouble majeur de santé mentale, entraîne souvent une alternance entre des périodes plus stables et des moments de vulnérabilité. Ces variations peuvent être liées à plusieurs facteurs : la nature même du trouble (comme la dépression, le trouble bipolaire ou les troubles anxieux), l’efficacité variable des traitements, les changements dans l’environnement ou encore les sources de stress du quotidien. Ce caractère imprévisible fait en sorte que la personne concernée ainsi que son entourage peuvent difficilement anticiper la prochaine étape, d’où cette impression de vivre un manège émotionnel continu.
Le rôle d’un proche aidant est souvent exigeant : être présent, écouter, accompagner dans les démarches, soutenir dans les moments de crise. Or, cette implication, bien que nécessaire et précieuse, peut devenir lourde à porter si elle s’accompagne d’un sentiment de devoir tout contrôler ou de porter l’entière responsabilité du rétablissement. Dans ce contexte, la responsabilisation de la personne vivant avec un trouble de santé mentale est essentielle. Il ne s’agit pas de l’abandonner à elle-même, mais bien de reconnaître qu’elle a aussi un rôle à jouer dans ses choix, dans ses démarches et dans son mieux-être. Permettre à la personne de prendre des décisions, de s’impliquer activement dans son traitement et dans sa vie quotidienne, c’est lui redonner du pouvoir, de la dignité et de la fierté. Pour les membres de l’entourage, cette responsabilisation devient un moyen de préserver leur équilibre tout en favorisant l’autonomie de l’autre.